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Triste sire…

Fidèle à son mode de communication fondé sur le compassionnel, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, avait promis des sanctions contre les juges et les policiers ayant laissé en liberté Tony Meilhon, l’assassin de la jeune Laetitia à Pornic. Il y a de quoi sourire. En effet, M. Sarkozy pointe des dysfonctionnements réels de notre système judiciaire et pénitentiaire, mais oubliant un peu vite qu’il en est le principal responsable. En effet, quel homme fut ministre de l’intérieur de 2002 à mars 2004, ministre des finances de mars à novembre 2004, puis de nouveau ministre de l’intérieur de juin 2005 à mars 2007 ? Qui est Président de la République depuis 2007 ? M. Sarkozy ! Quel parti exerce le pouvoir depuis mai 2002 ? Le sien ! Qui promet la tolérance zéro, des peines exemplaires, la réinsertion réussie des criminelles, l’augmentation des moyens de la justice, l’accroissement du nombre de places de prisons, et ce depuis des années, sans effet ? M. Sarkozy !

Mais les magistrats ne goûtent pas l’humour de M. de Nagy-Bocsa. Conscients que le Président de la République vient de faire retomber sur eux les conséquences de sa propre impéritie, ils se sont mis en grève, ne rendant plus la justice, hors les cas extrêmes. Pis encore ! Le Conseil Supérieur de la Magistrature, organe suprême d’organisation de notre ordre judiciaire, a cru bon de rappeler le Président de la République à l’ordre, en soulignant qu’il n’était pas du pouvoir de ce dernier de prononcer des sanctions disciplinaires contre un magistrat. Le père d’accueil de la victime ne s’y est pas trompé, qui a affirmé son soutien aux magistrats nantais, initialement en charge du dossier de l’assassin.

Voici M. Sarkozy désavoué. Mais surtout, par ses propos, et le rappel dont ils ont fait l’objet par des magistrats, il a amoindri le prestige de sa fonction et celui de l’État. Cet abaissement ne pourra qu’être préjudiciable à notre pays, et le Président de la République en est largement responsable.

Si l’Alliance royale n’ignore pas les dysfonctionnements graves de notre système judiciaire et pénitentiaire, elle soutient l’action des magistrats et appelle, avec eux, à l’accroissement de leurs moyens humains et financiers, dans un souci d’amélioration de la qualité de la justice en France. L’Alliance royale appelle également à la construction de nouveaux établissements pénitentiaires, afin que l’application des peines redevienne une réalité. Pour humaniser l’application des peines, l’Alliance royale appelle également à la réfection de nos prisons, parmi les plus insalubres d’Europe, consciente qu’un lien doit être établi entre le taux de récidive et l’état déplorable de la vie carcérale.

Consciente enfin du préjudice que cette situation porte au crédit de l’État dans son rôle judiciaire, l’Alliance royale appelle à l’apaisement et souhaite que prennent fin les incessantes rodomontades de notre perpétuel Président en campagne.