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L’Alsace annonce la candidature de Sandrine Pico

Être royaliste et se présenter à une élection républicaine : certains y verront un paradoxe. Mais Sandrine Pico-Deprez, qui sera candidate en mars, dans le canton de Masevaux, sous les couleurs de l’Alliance royale, assume : « Le royalisme est occulté depuis la Révolution. Nous voulons nous présenter face aux Français. » Mais pourquoi lors de cantonales ? « Nous sommes pour une démocratie de proximité, et pour cela, il faut partir de la base », répond Sandrine Pico-Deprez. Cette Colmarienne , maman de quatre enfants et spécialiste en histoire de l’art (elle vient de se lancer en auto-entrepreneur) a déjà été candidate lors des élections cantonales de 2008, à Lutterbach. Si elle a jeté cette fois son dévolu sur le canton de Masevaux, c’est parce qu’elle aime « les cantons qui sont homogènes et ont une personnalité. D’autre part, je ne me sentirais pas à l’aise face à un public bourgeois. » Elle sera la seule candidate de l’Alliance royale en Alsace. « Je suis royaliste depuis toujours, raconte-t-elle. Pas par tradition familiale, mais par démarche intellectuelle personnelle. Ce qui me séduit dans la monarchie, c’est la longue durée. Sept ans, pour un président, je trouvais ça déjà court, alors cinq ! Cela ne laisse au président que deux ans et demi pour réformer. Du coup, les réformes sont faites dans la précipitation et sans concertation. Un roi, lui, a le temps de gérer ses réformes. En outre, il est indépendant, il n’a pas besoin de s’appuyer sur un parti ou des lobbies. Il est au-dessus de la droite et de la gauche. Regardez l’Europe : il y a une douzaine de monarchies, en Espagne, Grande-Bretagne, Danemark… Et ce ne sont pas les pays les plus réactionnaires ! Nous garderons d’ailleurs les institutions, nous remplacerons juste le président par un roi. » Sur la forme que prendrait la monarchie, et la dynastie dont serait issu le futur roi, l’Alliance royale ne se prononce pas : « ce sera au peuple de décider. »

Sur le plan départemental, Sandrine Pico-Deprez est favorable à la suppression du conseil général, « mais pas du département, qui pourrait être géré par le préfet, les compétences du conseil général étant transférées à la Région et aux intercommunalités. Le conseil général n’est plus qu’une machine à distribuer des subventions pour se faire une clientèle. J’ axerais beaucoup mes propositions sur la maîtrise des finances publiques : le Haut-Rhin est le 22 e département le plus endetté sur 100 ! Pour le canton de Masevaux, je défendrais les commerces de proximité et les services aux personnes âgées. »

Le suppléant de Sandrine Pico-Deprez est Jean-Denis Guallar, 23 ans, de Mulhouse. Il est étudiant en 2 e année de Master enseignant en histoire-géographie. « La république s’est enlisée dans la gabegie, estime-t-il. Un roi peut inscrire une politique dans la continuité, et il ne voudra pas laisser à son fils un royaume en mauvais état ! »

le 09/02/2011 à 00:00 par Isabelle Bollène